Alma, Timothée de Fombelle

Je voulais le lire depuis sa sortie, tant pour admirer les superbes planches illustrées de François Place que pour découvrir l’émotion du dernier roman de cet auteur admirable… La suite en novembre !

Roman historique pour la jeunesse, Alma, le vent se lève, touche les plus jeunes lecteurs, mais est aussi à mettre entre les mains des plus grands, un peu à la manière de la série Harry Potter.

Une très belle histoire, rythmée, trépidante, qui nous emmène d’un monde rêvé aux drames d’une époque. On attend impatiemment la suite !

L’auteur et l’illustrateur

Timothée de Fombelle est né en 1973. Il est écrivain et dramaturge. C’est mon amie Christine qui m’avait parlé de lui initialement car l’un de ses fils était dans sa classe à l’école primaire et qu’elle avait créé les décors d’une pièce de théâtre à laquelle il avait participé. J’ai ensuite lu et aimé Tobie Lolness (déjà illustré par François Place), une belle histoire de personnages minuscules vivant dans des arbres, en 2 tomes. Timothée de Fombelle a écrit d’autres romans pour la jeunesse, comme Vango, ou Neverland, destiné aux adultes. 

François Place, l’illustrateur d’Alma, est né en 1957 et a étudié à l’école Estienne. Je l’ai découvert quand j’étais enfant, grâce à l’édition Gallimard jeunesse de L’Île au trésor, de Robert Louis Stevenson. J’ai admiré ses dessins, je les ai copiés, regardé, observer, encore et encore. Il est aussi auteur de contes qu’il illustre magnifiquement, comme Les derniers Géants, ou La fille des batailles. Son trait narratif, léger et précis, ses planches pleines de détails et ses paysages évocateurs me font toujours rêver.

Résumé

En Afrique de l’Ouest, dans une vallée reculée, une famille vit paisiblement éloignée du monde. Deux frères et une sœur, Soum, Alma et Lam, et leurs parents. Dans leur écrin de liberté et de vie sauvage s’introduit l’idée d’un ailleurs et la curiosité, et cette envie de découvrir le monde attire irrésistiblement Lam. 

A La Rochelle, la même année, l’armateur Bassac affrète un bateau du nom de sa fille, La Douce Amélie, dans lequel il met, en plus de ses espoirs de commerce, toute sa mystérieuse fortune. Le capitaine Gardel, un homme à l’horrible réputation, récupère dans son équipage un drôle d’individu, Joseph Mars, qui semble tomber du ciel et qui le provoque. 

Les destins de ces personnages vont se croiser sur les côtes africaines et entamer un périple dangereux et palpitant, empreint de tourments et de réflexion quant à la marche du monde.

Alma est une jeune fille de 14 ans, extrêmement vive, sensible et très attachée à sa famille, en particulier son frère Lam. Elle découvre au fil des pages, sa propre histoire et ses capacités uniques.

Joseph Mars, enfant abandonné, est un individu difficile à cerner et pourtant attachant grâce à sa jeunesse et sa fragilité. Ses actions à bord de la Douce Amélie restent mystérieuses jusqu’au dénouement du livre, et forment une intrigue qui donne immédiatement envie de lire le tome 2.

Amélie Bassac, érudite et fortunée, est bien plus mature et réfléchie que les jeunes filles de son âge. Aveuglée par sa propre souffrance, elle est hermétique pourtant aux drames de son époque, et incarne l’incompréhension que nous avons aujourd’hui en nous demandant comment des gens comme nous ont pu acheter, torturer et réduire en esclavage les Africains victimes du commerce triangulaire.

Analyse littéraire 

La narration externe, mêlant l’épique, le lyrique, le dramatique et une pointe de merveilleux, comme il convient si bien aux peuples africains, nous entraîne dans une danse des mots, des personnages, des lieux et des actions superbement orchestrée.

L’œuvre à pour objectif de raconter une histoire connue de tous (la traite négrière), sous l’angle de ses différents acteurs (les victimes, les organisateurs, ceux qui œuvrent sur les bateaux). On se plonge dans cette époque sombre avec toute la beauté et la sauvagerie de ces civilisations européennes et africaines qui se rencontrent.

Timothée de Fombelle met le lecteur dans la peau d’un Africain qui découvre l’horreur de ce système auquel il ne peut échapper, tantôt persécuteur de ses frères, tantôt victime. Il embarque aussi le lecteur à bord d’un navire qui descend la côte africaine et de son équipage qui s’interroge et se retrouve également pris au piège.

Avis personnel

Une narration haletante et des chapitres si bien enchaînés qu’on a fini le tome 1 bien trop vite !

L’auteur aide son jeune lecteur à prendre le recul nécessaire pour se forger son opinion, être humble face à cette époque et prendre conscience des drames engendrés.

Cette lecture m’a replongée dans le grandiose Racines, d’Alex Haley, lecture autrement plus dure et qui m’avait tant fait pleurer.

ExLibris-Vagabond

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